Bilan & perspectives de la distribution séléctive

Thibault_Ponroy

Thibault PONROY, Président de la Fédération Française de la Parfumerie Sélective (FFPS) livre en exclusivité pour Beyond Beauty Paris son analyse du marché.

Quel est le schéma actuel de la distribution sélective en France ?

Le schéma de la distribution a beaucoup évolué ces dix dernières années. Nous sommes passé d’une structure de distribution de PME, voire TPE, à quelques grosses enseignes dont certaines appartiennent à de grands groupes internationaux. La réalité économique revient à trois ou quatre grands acteurs qui font 80% du business. Cela change considérablement la règle du jeu notamment dans le dialogue entre marques et fournisseurs.

Il y a pour les marques et les distributeurs des contraintes de publications de comptes financiers qui impliquent un énorme chantier sur la gestion des stocks, du cash, sur l’assortiment.

On est clairement passé des règles de distribution sélective de proximité aux règles classiques de la distribution, tout en préservant les valeurs clés du sélectif, à savoir environnement qualitatif et conseil.

Je ne suis pas sûr que l’on mesure toute l’ampleur des conséquences de cette modification du paysage.

L’ensemble de la chaîne devrait s’interroger, partager, communiquer pour mieux anticiper.

Il y a également la réalité consommateur avec trois types de circuits. Le circuit Grands Magasins qui malheureusement en France reste marginal, les magasins type Sephora, avec un positionnement très ouvert notamment sur les nouvelles tendances, puis les magasins type Marionnaud avec un positionnement pour moi encore très pertinent, plus traditionnel, avec une clientèle plus âgée, une proximité humaine et géographique par une grande capillarité du réseau.

Le schéma de la distribution tel qu’on pouvait le prévoir il y a une quinzaine d’années est train de se confirmer.

Quelles tendances pour demain ?

Il y a une nouvelle donne qui est assez fondamentale, c’est la donne internet. Difficile de prévoir dans quelle mesure elle va peser sur le business, cela dépendra de facteurs géographiques et générationnels. La problématique internet doit aussi intégrer les éléments économiques d’environnement. La distribution sélective est basée sur l’environnement qualitatif, mais également sur la notion de conseil avec une valeur ajoutée émotionnelle et humaine très importante. Il faut que la voie internet puisse répondre à cela. Enfin la gestion de la mutation d’un réseau de distribution est toujours lente et extrêmement onéreuse. C’est une préoccupation essentielle d’évolution.

Quel est l’impact de la crise sur cette évolution ?

Notre secteur d’activité bénéficie d’une certaine exception dite cosmétique, nous avons donc moins de pression à court terme pour accélérer les mutations. Néanmoins elles poursuivent leur cours. Après une première phase de concentration, la distribution est aujourd’hui dans une phase d’internationalisation, très compliquée en soi. Il est plus difficile d’accéder à la réalité du consommateur à un niveau international. C’est, là aussi, un enjeu essentiel. Un distributeur est essentiel à une marque à partir du moment où il détient une position clé sur les marchés internationaux.

Votre vision de COSMEETING – BEYOND BEAUTY PARIS ?

J’ai toujours considéré ce métier comme un renouvellement permanent avec des cycles de marques plus ou moins longs. Nous sommes actuellement dans un rythme accéléré, BEYOND BEAUTY PARIS en est le reflet.

Beyond Beauty Paris – Kristel Milet

Aout 2009

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